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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 15:55

A la demande des syndicats, la Direction de PSA  s'est engagée à ouvrir des négociations sur le volet social de son plan de restructuration d'entreprises qui prévoit 8.000 suppressions de postes sur l'ensemble du groupe. Les négociations vont s'engager début novembre, mais malgré ces avancées, les syndicats ne décolèrent pas et restent mobilisés...

 

A l'issue du Comité Central d'entreprise de vendredi, la direction de PSA Peugeot Citroën et l'ensemble des organisations syndicales représentatives ont validé le principe d'ouverture du dialogue social. Les parties ont convenu d'engager des négociations sur les dispositifs d'accompagnement du plan de restructuration. Dans le cadre de cet accord, les propositions de mobilités internes et externes vont être revues ainsi que les dispositifs d'accompagnement et de maintien de l'emploi des seniors. Les modalités d'accompagnement des reclassements et reconversions industrielles vont être également reprises. L'adaptation des mesures d'accompagnement du dispositif social sera également à l'ordre du jour.

En parallèle, la procédure consultative des instances du personnel, qui est déjà engagée, va se poursuivre. L'enjeu de ces discussions est d'aboutir à un accord d'ici la fin de l'année. "La démarche traduit la volonté du Groupe de poursuivre un dialogue social de qualité en ayant pour objectif de construire avec les partenaires sociaux des solutions adaptées à la situation de chaque salarié" assure la direction de PSA Peugeot Citroën. Le directoire de PSA serait prêt à des ajustements de son plan social, mais pour l'heure, semble encore bien ancré sur ses positions initiales de restructuration de sa masse salariale. Dans l'immédiat, il n'a d'ailleurs effectué aucune concession sur le nombre de suppressions de postes envisagées, ni même concédé le moindre engagement sur l'emploi.

 

Sur Europe 1, Philippe Varin a confirmé que le plan de redressement n'est absolument pas remis en cause. "Notre plan est nécessaire. M. Sartorius -l'expert du Gouvernement- et l'expert du Comité central d'entreprise le reconnaissent". Par conséquent, pas de marche arrière de la part du directoire... "La fermeture d'Aulnay doit se passer ; 8.000 emplois sont concernés au total" a indiqué le Président du directoire de PSA. La direction assure néanmoins qu'il ne devrait pas y avoir de licenciements secs. "Nous attachons extrêmement d'importance à la réduction de l'impact social de ce plan, soit par des reclassements internes, soit par le traitement des salariés les plus défavorisés, soit par des mesures de revitalisation. Le reste se fera par des départs volontaires". ID Logistics a pour le site d'Aulnay un projet de revitalisation, avec 600 emplois qui devraient en priorité être réservés aux anciens de PSA. En revanche, Philippe Varin s'est refusé à toute promesse assurant qu'il s'agit là d'un ultime plan social de restructuration de PSA.

 

Ce plan de réduction des effectifs est une composante importante du plan de redressement de PSA. Il n'est pas son seul axe... Les financiers mettent également la main à la poche. Ce soutien -apporté par les banques et l'Etat français- n'est en rien l'ébauche d'une nationalisation rampante du groupe... Le pool des banquiers de PSA apporte ainsi 11,5 MdsE de liquidités à Banque PSA Finance. Pour sa part, l'Etat garantit les émissions obligataires à concurrence de 7 Milliards d'Euros pour des tirages sur la période 2013-2015. Il vient ainsi sécuriser les fonds de l'établissement financier. L'opération a vocation "à être renforcée, au bénéfice du groupe, de ses clients et de l'ensemble de la filière automobile, dont les réseaux de concessionnaires". Banque PSA Finance est d'ailleurs un actif rentable, qui a dégagé un résultat opérationnel courant de 532 ME en 2011. L'année dernière, elle a financé 843.810 véhicules. Son encours global est de 24,3 MdsE, dont 6 MdsE pour les concessionnaires. Banque PSA Finance reste solvable avec un ratio de fonds propres Core Tier one de 13%. A fin septembre, sa réserve de liquidité se monte à plus de 7 MdsE, lui assurant plus de 6 mois de visibilité de trésorerie.

 

En engageant leur garantie sur cet actif, les pouvoirs publics attestent qu'ils ont un intérêt commun avec le groupe : "que le redressement puisse se produire". Enjeu : le maintien sur le territoire français d'un fleuron exportateur de son économie. "Nous représentons les deux tiers de la production automobile de ce pays. Nous sommes intégrés sur les fournisseurs en amont pour 60% des équipements. Directement ou indirectement, l'automobile représente 1 emploi sur 10 dans le pays" justifie Philippe Varin. Dans un contexte généralisé de dégradation structurelle des marchés automobiles, avec 3 MdsE de dettes au compteur, de quelles latitudes de négociation et de relance dispose encore le directoire de PSA ?

 

Les engagements pris posent en effet une question : Philippe Varin et la famille Peugeot sont-ils encore seuls pilotes du groupe ? En effet, ces soutiens financiers génèrent diverses obligations pour PSA. Leurs contreparties sont d'une part financière, puisque cet apport de liquidité portera intérêt au prix du marché. D'autre part, Peugeot a dû s'engager à un nouveau tour de vis sur la rémunération de ses actionnaires. Pendant la période de garantie de l'Etat, soit jusqu'en 2015, Peugeot ne distribuera pas de dividende, ni ne procédera à des rachats d'actions. Par ailleurs, l'attribution d'options de souscription ou d'achats d'actions au Directoire est suspendue, de même que l'allocation gratuite d'actions. Peugeot a également dû s'engager sur la gouvernance du groupe. Le Conseil de surveillance va devoir s'ouvrir à un représentant des salariés. Il devra également intégrer dans ses rangs une personnalité indépendante. Il s'agira d'une femme dont l'oeil avisé sera, très probablement, celui de l'Etat...

 

Sous étroite surveillance ou totalement indépendant, Peugeot est dans les paddocks de départ pour une nouvelle course. Le groupe s'apprête au déploiement de sa nouvelle stratégie... PSA Peugeot Citroën et General Motors ont annoncé les prochaines étapes clés en vue de la réalisation de leur Alliance stratégique mondiale. Conformément aux dispositions de l'accord de 29 février 2012, les deux partenaires ont retenu 4 projets de véhicules dont le lancement commercial est prévu d'ici à la fin 2016. Les deux partenaires ont également confirmé les prochaines étapes de l'organisation conjointe de leurs achats. Les deux groupes annoncent des synergies de 2 Mds$ d'ici 5 ans. Certains observateurs sont d'ores et déjà déçus, puisque ces projets impliquent PSA et Opel, mais pas directement General Motors. En outre, ils concernent uniquement l'Europe et le quart des volumes PSA. Par conséquent, ils seraient insuffisants pour dégager les 2 Mds$ de synergies annoncées...

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