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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 09:23

Le constructeur mise sur son site historique de Sochaux, comptant y produire 380.000 véhicules à partir de 2016, soit 100.000 de plus qu'actuellement. Mais le groupe auto en crise prévoit de fabriquer seulement 930.000 unités dans l'ensemble de ses sites français cette année, ce qui représente la moitié des niveaux de 2005 !

 

Sochaux, l'usine-mère de Peugeot. C'est là où toute l'aventure du groupe PSA a commencé. Du coup, le constructeur mise sur ce site historique du Doubs, comptant y produire 380.000 véhicules à partir de 2016, soit 100.000 de plus qu'actuellement.

 

L'usine conservera son organisation en deux lignes de montage avec la capacité de produire jusqu'à 500.000 voitures par an, a ajouté la direction, après un Comité d'établissement extraordinaire (CCE) vendredi. Sochaux fabrique des modèles-phare comme la toute nouvelle berline compacte Peugeot 308, mais aussi les monospaces compacts 3008 ainsi que 5008, et aussi, plus marginalement, la Citroën DS5. Le site bénéficiera de 283 millions d'euros d'investissement sur trois ans.

 

Les autres sites moins favorisés

 

La hausse de production devrait nécessiter la création d'une équipe de nuit, mais aucune annonce n'a été faite. Sochaux est épaulé par le site voisin de Mulhouse (Haut-Rhin), qui fabrique notamment la petite Peugeot 208, son dérivé "SUV"  2008, les compactes Citroën C4 et DS4. Mais, alors que Sochaux s'en sort bien, les autres sites tricolores de PSA vont souffrir.  Mulhouse comme Poissy (Yvelines) ont  en effet mis à l'étude le passage à une seule ligne de production au lieu de deux, leur production devant diminuer à moyen terme.

 

Si Aulnay, en région parisienne, vient de produire sa dernière Citroën C3 et fermera bientôt ses portes, le site breton de Rennes ne nage pas non plus dans l'euphorie, après un plan de 1.400 suppressions d'emplois. Le groupe a certes annoncé récemment un investissement sur ce site de 90 millions d'euros, dédié à la production d'un véhicule du segment C (compact) qui remplacera  l'actuel (monospace) Peugeot 5008.

 

"A partir de 2017, les volumes de production envisagés (à Rennes) s'élèveront à 70.000 unités par an, ce qui portera la production du site à cet horizon à plus de 100.000 véhicules par an", selon le groupe. Mais les volumes envisagés sont inférieurs aux 129.600 unités à peine de  l'an dernier, qui n'étaient déjà pas énormes par rapport aux plus de 360.000 du milieu des années 2000, pour un potentiel installé en Bretagne qui se montait alors à 400.000!

 

1,5 milliard d'investissements

 

A la rentrée dernière, PSA a promis qu'il ne fermerait pas de nouveau site français d'ici à 2016, qu'il lancerait "au moins un nouveau modèle dans chacune des usines terminales (...). 1,5 milliard d'euros d'investissements industriels" est  annoncé dans les unités  hexagonales entre 2014 et 2016.

 

Le site de Sochaux (Doubs), produirait donc à moyen terme 380.000 véhicules par an (316.700 en 2012), mais Mulhouse (Haut-Rhin) entre 190.000 et 230.000 (224.000 en 2012), Poissy (Yvelines) de 240.000 a 270.000 (264.000 en 2012), Rennes (Ille-et-Vilaine) entre 100.000 et 150.000 (129.600 en 2012). Sevelnord ferait en revanche davantage de véhicules, entre 70.000 et 100.000 grâce à ses utilitaires avec Toyota, contre 59.500 en 2012, mais on sera très, très loin du potentiel.

 

Forte baisse des volumes

 

Le groupe automobile en crise prévoit de fabriquer environ 930.000 unités dans ses sites français cette année, ce qui est très peu. 2013 représentera en effet une... forte baisse par rapport au 1,11 million de véhicules fabriqués l'an dernier en France, selon les chiffres officiels du CCFA (Comité des constructeurs français d'automobiles). Ces volumes étaient déjà eux-mêmes en recul de 16% en 2012 par rapport... à 2011. La production escomptée en 2013 représente exactement la moitié des niveaux de 2005 (1,88 million).  En 2016, la production espérée serait de environ "un million de véhicules", d'après les prévisions de  PSA. Ce qui serait encore moins que les piètres niveaux de 2012. Bref, pas de quoi pavoiser!

 

PSA, qui cherche un nouvel allié pour participer à son urgente augmentation de  capital, doit encore brûler 1,5 milliard  d'euros de cash cette année. Et il continuera à en consommer encore en 2014. En raison du repli du marché européen mais aussi de la dégringolade de ses parts de marché, PSA est en surcapacités structurelles.

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