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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 19:36

La CFDT accompagne la réforme que la CGT et FO combattent. Mais, sur la pénibilité, leurs préoccupations se rejoignent.


C'est avec la CFDT, le syndicat le plus en phase avec lui sur le sujet, que le Premier ministre lance aujourd'hui ses consultations sur la réforme des retraites.

 

Tout un symbole. La CGT sera reçue un peu plus tard dans la journée, avant la CFTC et la CGC et, demain, Solidaires, FO, l'Unsa et la FSU. Le leader cégétiste, Thierry Lepaon, de retour après son opération du coeur, et Jean-Claude Mailly, son homologue de FO, diront assurément à leur sortie de Matignon tout le mal qu'ils pensent d'une réforme sur laquelle ils tentent de mobiliser le 10 septembre avec la FSU et Solidaires. Ils devraient donc insister sur le refus de l'allongement de la durée de cotisation à compter de 2020, que soutient la CFDT.

 

Mais cette question, a priori déjà arbitrée, ne devrait pas monopoliser les discussions. En revanche, celle du financement de la réforme, qui n'est pas tranchée, sera un point important des discussions. Mais c'est aussi un dossier clivant entre les syndicats, ce qui ne peut qu'émousser leur pouvoir d'influence. Le principal enjeu pour les organisations de salariés est donc, de fait, ailleurs : il s'agit de la pénibilité. La méthode choisie par le gouvernement est bien accueillie : non pas une approche individuelle et médicale limitant au maximum les bénéficiaires, comme sous Nicolas Sarkozy, mais la prise en compte des conditions de travail pénibles. Et les syndicats savent qu'ils peuvent peser sur le dispositif, car c'est le marqueur de gauche d'une réforme qui reprend des mesures déjà utilisées par la droite.

 

Il reste à préciser ce qui donnera droit à quoi, et en particulier de combien le départ en retraite pourra être anticipé mais aussi comment prendre en compte les expositions déjà passées (les salariés qui sont proches de la retraite). Le nombre des personnes immédiatement concernées sera déterminant. Du côté de la CFDT mais aussi de FO, on se montre très ouvert. « Sauf si le gouvernement veut financer le dispositif par une hausse de la CSG », prévient Philippe Pihet, pour FO. La CGT juge aussi l'approche « positive » mais jugera sur pièces, explique Eric Aubin, qui évalue à « à peu près 100.000 le nombre de salariés qui devraient être immédiatement concernés ».

 

Le sujet risque d'être compliqué à gérer en interne à la CGT si le dispositif se limite à ramener à 60 ans l'âge de départ possible, et non plus tôt, alors que Thierry Lepaon doit encore asseoir son autorité sur une organisation qui a tendance à radicaliser son discours pour refaire son unité. Le risque serait pour elle de laisser à la CFDT- et à FO - la paternité d'un dispositif pour lequel elle se bat aussi depuis longtemps.

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