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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 14:14

PSA Peugeot-Citroën: c’est encore loin la sortie de crise?

Quand est-ce qu’on arrive? C’est encore loin? Ces phrases, enfant, on les a tous prononcées un jour de départ en vacances, blotti à l’arrière de la voiture familiale, sur un ton mi- interrogatif, mi- affirmatif. Le manque de visibilité attise toujours l’impatience.

Chez PSA Peugeot-Citroën, celle-ci est montée encore d’un cran, mercredi 24 avril. Philippe Varin, le patron du groupe a annoncé de nouvelles mesures d’économies, malgré la programmation de la fermeture de l’usine d’Aulnay. Au regard de la dégradation de la situation, M. Varin a raison. De toutes les façons, il n’a pas le choix. En revanche, la méthode et la pédagogie laissent sceptique. En demandant des efforts supplémentaires, le patron donne l’impression de naviguer à vue: la conjoncture oblige chaque mois à de nouveaux détours, rallongeant d’autant la route qu’il reste à parcourir.

En arrivant à la tête de PSA, M. Varin a clairement sous-estimé l’ampleur de la tâche qu’il avait à accomplir. Une erreur originelle, qui le contraint depuis à réagir au gré des vents contraires, qui ne s’apaisent pas. Loin s’en faut. La feuille de route qu’il s’est fixée semble de moins en moins tenable. Les immatriculations en Europe se dégradent plus que prévu et la part de marché de PSA continue de baisser. Ce qui augure de nouvelles tensions sur la trésorerie, des cessions d’actifs supplémentaires et encore des sacrifices en termes d’investissements. Un cercle vicieux qui semble sans fin.

Dans ce contexte, on souhaite bien du courage à M. Varin pour négocier l’accord de compétitivité annoncé mercredi, alors que la plaie d’Aulnay n’est pas encore refermée et qu’une partie des salariés est chauffée à blanc. Sur ce plan, Renault a plutôt bien joué en anticipant mieux les difficultés, en négociant «à froid» des concessions de la part de ses salariés contre la promesse d’augmenter la production en France. Méthode préventive, fondée sur un gagnant-gagnant crédible.

PSA, dans une situation financière beaucoup plus délicate, aura sans doute beaucoup de mal à donner du grain à moudre aux syndicats pour qu’ils acceptent de nouveaux efforts. Certes, le groupe a réussi à signer en 2012 un accord de compétitivité pour l’usine de Sevelnord. Mais là encore, on pourra noter que l’entreprise n’a réagi que lorsqu’elle était dos au mur, alors que ce site était menacé de fermeture en 2017.

Par contre Sevelnord est la seule usine du groupe PSA à prévoir  des heures supplémentaires, ainsi que des samedis travaillés jusque fin juillet. Sevelnord qui a aussi obtenu la garantie  de la fabrication d’un nouveau projet d’utilitaire en coopération avec Toyota, association  avec le constructeur nippon qui reste quand même une référence dans le monde automobile mondial.

Une fois de plus, le meilleur argument de M. Varin pour généraliser cet accord sera de faire comprendre que la survie de PSA est à ce prix. Les salariés ne sauront pas pour autant quand ils arriveront à destination.

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