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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 10:02

Pour dégager de l’argent frais, PSA Peugeot-Citroën a vendu son siège social à Paris, avenue de la Grande-Armée, dont il devient simple locataire. Dans la ligne des stratégies de réduction des coûts des grands groupes, cette cession des « bijoux de famille » inquiète les syndicats.

 

La vente de son siège social parisien de la Grande Armée, est-elle synonyme de Berezina pour PSA Peugeot-Citroën ? Le groupe a en effet cédé le 2 avril ses bâtiments, situés en contrebas de l’avenue menant à l’Arc de Triomphe, pour un juteux montant – 245,3 millions d’euros – destiné à renflouer ses caisses.

 

Le nouveau propriétaire est Ivanhoé Cambridge, une filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec, un des dix plus grands gestionnaires d’actifs immobiliers au monde.

 

Mais le constructeur reste dans les murs, qu’il occupe depuis 1964, et dont il est désormais locataire. Pour ce bâtiment de neuf étages occupant 36 800 mètres carrés, soit un pâté de maison entier, PSA a signé un bail de neuf ans renouvelable, pour un loyer dont la société refuse de communiquer le montant. Les 1900 salariés qui y travaillent ne vont donc pas devoir déménager tout de suite.

Une adresse prestigieuse

« En étant propriétaire de son siège, PSA faisait figure d’exception parmi les grandes entreprises », justifie Pierre-Olivier Salmon, un porte-parole du groupe. « Cet actif immobilier, amorti et payé depuis longtemps, n’apparaissait pas dans nos comptes à sa juste valeur, celle d’une adresse prestigieuse à deux pas de la Porte Maillot et de la Défense ».

 

Pure opération financière, la vente s’inscrit dans le cadre du programme de cession d’actifs pour un montant de 1,5 milliard, annoncée en février dernier par Peugeot-Citroën à l’occasion de la présentation de ses résultats 2011. Alors que sa branche automobile est passée dans le rouge l’an dernier (92 millions d’euros de pertes, sur un résultat général toutefois encore en bénéfice de 588 millions d’euros), le groupe cherche désormais du cash pour rassurer ses actionnaires. Ainsi, après avoir ouvert une partie de son capital à Général Motors, cédé son loueur de voitures Citer, PSA va vendre une partie de Gefco, sa profitable filiale de logistique. Et l’entreprise compte glaner 500 millions d’euros de la cession d’une partie de son patrimoine immobilier : outre la Grande Armée, PSA se sépare du siège de la marque Citroën, près de la Porte de Saint-Ouen, de divers bâtiments de bureaux en région parisienne ou à l’étranger, ainsi que des garages ou concessions automobiles…

 

Cette vente des « bijoux de famille » inquiète les syndicats. « La cession du siège de la Grande Armée est avant tout un symbole de la politique court-termiste de PSA ». « Cela rapporte de l’argent aujourd’hui, mais on peut imaginer que dans dix ou quinze ans, le total des loyers versés sera supérieur au bénéfice ainsi dégagé. Si encore c’était pour investir dans l’outil industriel en Europe, ce ne serait pas grave, mais ce n’est clairement pas le cas. Nous sommes donc inquiets de la finalité de ces ventes de biens immobiliers, très différente de la construction d’un empire industriel. On craint que ça ne s’arrête pas là, et que PSA vende notamment le site du centre de recherche et de développement de La Garenne-Colombes, qui compte beaucoup de mètres carrés très bien situés en Ile-de-France, derrière la Défense ».

 

PSA Peugeot-Citroën dispose en effet de plusieurs sites en Ile-de-France, sur lesquels le groupe a par le passé redéployé une bonne partie des effectifs jadis basés au siège social Un mouvement qui pourrait se poursuivre pour le constructeur, comme pour d’autres sociétés qui font le choix de quitter Paris.

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