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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 23:10

Après avoir mis au point un moteur hybride révolutionnaire, le groupe français cherche à en partager le coût.

 

PSA Peugeot Citroën est sûr de tenir une véritable trouvaille mais ne souhaite pas en assumer seul le coût de développement. En janvier, le constructeur automobile avait dévoilé un projet inédit, sur lequel il travaillait en secret depuis près de trois ans : une motorisation hybride non conventionnelle, combinant un moteur à essence et un moteur hydraulique alimenté par air comprimé. Une alternative plus simple que les autres motorisations hybrides déjà en service, bien adaptée aux pays émergents, notamment pour les petites voitures. Sa consommation de carburant devrait se limiter à 2,9 litres aux 100 kilomètres, en cycle mixte, soit à peine 69 grammes de CO par kilomètre. Même si le cinquième prototype tourne déjà sur circuit, la mise en service de l'Hybrid Air n'est pas prévue avant 2016.


Date-butoir : la fin d'année.

 

Confiant dans sa « technologie de rupture », PSA n'a pas pour autant l'intention de faire cavalier seul, vu l'ampleur du budget ad hoc et les difficultés actuelles de trésorerie du groupe. « Une technologie hybride, quelle qu'elle soit, revient à plusieurs centaines de millions d'euros à développer. La nôtre n'est pas moins chère », indique aux « Echos » Karim Mokaddem, le directeur du projet. Et la partie qui reste à financer dans les trois ans à venir est nettement plus lourde que ce qui a déjà été investi. Le plus gros morceau ne porte pas sur le moteur-pompe hydraulique, mais sur la boîte de vitesses automatique spécifique à ces modèles.

 

La direction ambitionne donc de trouver un ou des partenaires dans les mois à venir, au sein des constructeurs intéressés. Stratégie qui devrait déterminer l'ordre des zones géographiques couvertes (Chine, Inde, Europe de l'Ouest ?), et les usines de fabrication requises. « Nous voulons avoir une vision claire de cette stratégie et de ce partenariat avant la fin de l'année », ajoute Karim Mokaddem. Avec qui ? « La démarche est extrêmement ouverte. » Partenaire tout désigné en théorie, General Motors ne paraît absolument pas doté d'un droit de préemption ou d'exclusivité. A ce stade, « l'HybridAir ne figure pas dans les projets de l'alliance » avec l'américain.

 

Précurseur dans ce domaine, avec le concours des équipes de l'allemand Bosch, PSA ne peut pas s'offrir le luxe de refaire un schéma à la Toyota. « Le groupe japonais a eu l'audace de lancer la première chaîne de traction hybride, avec le lancement de la Prius, mais cela lui a pris beaucoup de temps : quinze ans au total. Aujourd'hui, le marché est extrêmement contraint. Ce serait une grave erreur de penser que l'on a encore quinze ans devant nous », développe l'ingénieur.

 

Il est trop tôt pour dire aujourd'hui qui voudra franchir le pas. Bosch ne serait pas associé à priori au nouveau tour de table, qui devrait succéder en 2014 à l'actuelle société commune Technoboost, vouée à disparaître au terme de la première phase de « levée de risques ». L'Etat, qui a déjà contribué financièrement à travers l'Ademe et le Commissariat général à l'investissement (40 % du capital de la JV), semble bien parti pour remettre au pot, à côté des partenaires industriels.

 

Une hybride pas comme les autres

 

Le système Hybrid Air combine l'essence et l'électricité sans batterie.

Grâce au travail d'un stockeur d'énergie sous forme d'air comprimé, d'un ensemble moteur-pompe hydraulique et d'un pilotage électronique intelligent, le véhicule est capable de rouler en « mode air » sur 60 à 80 % du temps en usage urbain, n'émettant alors aucun gramme de CO, à la manière d'une voiture électrique.

L'énergie du freinage est récupérée, comme sur les autres hybrides, mais stockée différemment.


Sur route, à plus vive allure, le moteur essence reprend la main et transmet l'énergie au train avant.

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