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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 10:45

Au pied de la chaine montagneuse des Carpates, Žilina est le centre économique du nord de la Slovaquie. L’industrie chimique, celles du papier et de la construction ont fait d’elle la cinquième ville du pays, forte de 85 000 habitants. Un poids économique renforcé depuis l’ouverture de l’usine automobile Kia en décembre 2006. C’est ici, à une heure et demie de route de Bratislava, que le constructeur coréen a investi 1,2 milliard d’euros.

Kia n’est d’ailleurs pas le seul à avoir choisi la Slovaquie, puisque sur l’autoroute qui mène de la capitale à Žilina, Trvana n’est pas bien loin. C’est là que PSA Peugeot-Citroën a implanté une usine qui, aujourd’hui, assure, notamment, la production de la 208 avec Poissy et, bientôt, Mulhouse.

Slovaquie pour Kia et PSA, République tchèque pour Hyundai et Toyota, Slovénie et Roumanie pour Renault Dacia… La liste n’est pas, loin s’en faut, exhaustive de ces constructeurs qui ont décidé de s’implanter en Europe de l’Est. Et si les stratégies divergent, certains visant la diversification des sites en Europe là où d’autres font leurs premiers pas, à l’image des Asiatiques, la raison principale de la localisation est simple : le bas coût de la main-d’œuvre.

Le choix de Žilina, pour Kia, ne déroge pas à la règle. Un opérateur de base perçoit, en moyenne, 1000 euros brut par mois, primes incluses, dans ce pays où le salaire minimum s’affiche à 328 euros. « Un opérateur débutant touche 530€», explique un représentant de la direction, qui précise que l’équivalent d’un treizième mois est versé sous forme de prime, en deux fois, « en été et en hiver », et que les bonus trimestriels, liés aux bons résultats, peuvent représenter 30 % d’un salaire mensuel.

L’usine Kia a, en tout cas, été une bouffée d’oxygène pour la région de Žilina où le chômage touche 10 % de la population, contre 13 % pour l’ensemble de la Slovaquie. La seule usine emploie 3900 personnes, un chiffre qui monte à 6000 en comptant les sous-traitants locaux, et à 10 000 en comptabilisant les emplois induits.

Composé à 80 % d’hommes, le personnel de l’usine Kia travaille, quotidiennement, sept heures trente, auxquelles s’ajoutent trente minutes de pause, la première de dix minutes, la seconde de vingt, au bout de deux heures et demie de travail consécutif. Ce à raison de cinq jours par semaine. Et pour les congés, tout dépend de l’âge : les plus jeunes ont droit à 20 jours (quatre semaines), ceux qui ont plus de 33 ans bénéficiant d’une semaine supplémentaire. Ces salariés « âgés » ne sont cependant pas les plus nombreux. La pyramide des âges de l’usine de Žilina est, en effet, sans aucun rapport avec celle des usines automobiles occidentales. Logique pour une usine qui a démarré sa production en décembre 2006.

Le décor lui-même est fort différent. Ce qui frappe lorsque vous passez les portes de l’usine de Žilina, c’est l’impression que les abords extérieurs ont été apprêtés pour une inauguration. Pelouses impeccablement tondues, végétation soignée… Les premiers que l’on voit travailler, ce sont les jardiniers.

Usine haut de gamme

Et à l’intérieur, le décalage est tout aussi grand avec les standards occidentaux. Il est vrai que le bâti, sur lequel sont implantées deux chaînes de production de voitures (capacité : 300 000 véhicules par an) et deux ateliers de fabrication de moteurs (d’une capacité de 360 000 unités produites, pour Kia et Hyundai en 2011) ne représente que 50 ha, sur une surface totale de 223 ha. Au cas où Kia voudrait se développer, ce n’est donc pas la place qui manque.

À l’intérieur, aussi, l’immensité des ateliers saute immédiatement aux yeux. Il faut vraiment être d’une étourderie sans limite pour risquer de passer sous un chariot élévateur ou un véhicule d’approvisionnement en pièces. Quant à la légende selon laquelle une usine coréenne est tellement propre qu’on pourrait manger par terre, la confirmation est faite.

De l’emboutissage à la sortie des chaînes, les ateliers sont aérés, la mécanique parfaitement huilée, les standards mondiaux de l’industrie automobile appliqués. Dans la fabrication, il n’est pas question de low-cost. Heureusement d’ailleurs, puisque la fiabilité est l’une des promesses de Kia, seul constructeur garantissant ses véhicules durant sept ans, y compris en cas de changement de propriétaire.

Žilina n’est d’ailleurs pas une usine de construction automobile d’entrée de gamme, puisqu’elle produit les modèles Venga, Sportage et Cee’d. Ce site est bien la porte d’entrée européenne, pour la moitié de ses modèles, du constructeur coréen. Lequel a su adapter ses modèles au marché. À voir la nouvelle Cee’d sortir des chaînes de Žilina, on ne peut s’empêcher de penser que les différences avec la Golf sont bien minces…

 

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Published by deleguespi - dans actualité
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