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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 10:13

Le premier accrochage remonte à la succession du président du directoire Jean-Martin Folz en 2006/2007. La nomination comme président du directoire de l’ex PDG d’Airbus Christian Streiff ne fait pas l’unanimité. Robert Peugeot se serait bien vu occuper le poste. Or Thierry Peugeot nomme l’industriel pour redonner un coup de fouet au constructeur français. Des soucis de santé vont empêcher Christian Streiff de mener à bien sa mission et la crise de 2008/2009 balaye de plein fouet le groupe automobile. Robert a lui quitté le comité exécutif du groupe en 2007, peu après l’arrivée de Christian Streiff. A la tête de FFP, il poursuit la politique de diversification, une chance pour PSA qui se refinance grâce aux dividendes touchés hors de l’automobile.

 

L’arrivée de Philippe Varin en 2009 ramène un peu de calme : sa mission est d’internationaliser le groupe.

 

Mais l’omniprésence de la famille au comité de surveillance comme dans la holding limite sa marge de manoeuvre. Christian Streiff l’avait déjà dit en son temps : être patron chez PSA, c’est être un patron sous surveillance. Robert voit une seconde fois sa volonté de diriger PSA retoquée.


La rupture est cette fois patente et la trêve de courte durée.

 

L'alliance avec GM

 

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la crise mondiale puis européenne de l’automobile se concentre sur PSA, après quelques années de répit grâce au système de la prime à la casse. Le groupe est encore trop présent en Europe, avec la majorité de ses usines sur le continent quand la croissance et les ventes se trouvent en Chine, en Amérique du Sud. Pour sauver PSA, Philippe Varin n’a d’autres choix fin février 2012 que de nouer une alliance stratégique avec General Motors. L’Américain prend 7% du capital et devient le second actionnaire derrière la famille Peugeot, qui détient désormais 25% du capital. La stratégie des partenariats ciblés avec BMW, Toyota ou Ford a fait long feu. La famille accepte de diluer sa participation pour sauver le groupe.

 

Qui pour investir ?

 

Et cette dilution n’est peut-être pas la dernière. Depuis mi 2011, PSA consomme une centaine de millions d’euros par mois, après deux plans de restructuration. Comment préparer l’avenir du groupe en Chine ou au Brésil et son adaptation aux nouvelles normes environnementales, aux nouvelles attentes du public en matière de connectivité, des défis qui demandent des centaines de millions d’euros d’investissement ? La famille n’a plus d’argent, soulignent nombre d’observateurs. Du moins plus assez pour relever ces challenges. General Motors est lui dans une position attentiste : l’alliance va-t-elle fonctionner ? L’Américain ne semble pas vouloir remettre au pot.

 

Au printemps, ont donc surgi de nouvelles rumeurs de division entre les cousins. La holding serait prête à lâcher un peu plus PSA et à permettre l’entrée d’un constructeur chinois. "Nous voulons tous rester dans l’automobile" rappelait Robert cet automne. "La famille est unie" lançait Thierry il y a quelques semaines. Reste qu’une solution pour sauver durablement PSA ne peut passer que par un accord de la famille. Une troisième branche Peugeot pourrait jouer les arbitres : celle de Jean-Philippe, l’administrateur des Etablissements Peugeot Frères, qui détient presque 80% de FFP. Mais après la présentations des résultats financiers semestriels le 31 juillet, il y a peu de chances pour que Thierry et Robert Peugeot passent leurs vacances ensemble.

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