Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 09:33

Les négociations sur l'avenir de PSA Peugeot Citroën s'accélèrent. Alors que le constructeur français, en grande difficulté financière, a engagé début septembre des négociations pour constituer une alliance avec le constructeur chinois Dongfeng (lire « Les Echos » du 17 septembre), les scénaris à l'étude commencent à se préciser. Et notamment celui d'une prise de participation de Dongfeng conjuguée à celle de l'Etat français. Selon des sources journalistiques, Dongfeng et l'Etat français injecteraient chacun 1,5 milliard d'euros via une augmentation de capital de 3 milliards d'euros, et deviendraient ainsi les deux premiers actionnaires du groupe, chacun détenant entre 20 et 30 % du capital.

 

Selon nos informations, ce scénario est bel et bien sur la table, mais les modalités n'ont pas encore été arrêtées et d'autres peuvent encore émerger. «  Cela fait globalement sens, qu'il s'agisse du montant qui permettrait à PSA d'avoir les coudées franches financièrement, ou des acteurs en jeu. Mais on est encore en amont, la structure capitalistique n'est pas définie », tempère un négociateur. Niveau exact de l'investissement de Dongfeng, voire de l'Etat, participation ou non de la famille Peugeot (qui détient actuellement 25,4 % du capital), mais aussi positionnement de General Motors (qui détient 7 % du capital de PSA, sont autant d'inconnues qui restent à lever. Elles pourraient conduire à un étalement des discussions jusqu'à la fin d'année, voire au-delà.

 

Un chemin encore long

 

L'Etat français, conseillé par la banque d'affaires Merrill Lynch, étudie en tout cas l'investissement direct à côté de Dongfeng. Des représentants du gouvernement étaient en Chine ce week-end afin d'étudier le dossier. Difficile pour l'exécutif de laisser le quasi-contrôle d'un fleuron industriel sans réagir, alors même que PSA est aujourd'hui quasiment sous tutelle, via la garantie publique sur la captive PSA Finances. Quant à Dongfeng, lui-même groupe public, il n'y verrait pas d'inconvénients. « L'essentiel est pour lui de saisir l'opportunité de monter au capital d'un grand constructeur et de faire un saut en matière de technologies », juge une autre source. Du point de vue industriel, le projet est focalisé sur l'Asie avec la création d'un joint-venture centré sur cette zone, PSA apportant notamment ses plates-formes et autres technologies, comme l'« hybrid air », qui fait partie des discussions.

 

Le chemin est néanmoins encore long. «  Les négociations avec des Chinois peuvent toujours traîner en longueur et capoter au dernier moment », rappelle un négociateur. Reste que, dans tous les cas, la position officielle de PSA est de plus en plus compliquée à tenir. Le constructeur «  confirme étudier de nouveaux projets de développement industriel et commercial avec différents partenaires, ainsi que les modalités de financement qui les accompagneraient », sans aller plus loin. Un communiqué dans ce sens devrait être publié ce matin. «  Au bout d'un moment, ils vont être obligés de préciser leurs intentions aux marchés financiers », juge une source. Un protocole d'accord ou une lettre d'intention annonçant des négociations exclusives pourraient ainsi intervenir à plus court terme.

 

Un comité stratégique du groupe est d'ores et déjà prévu le 16 octobre prochain, tandis qu'un conseil de surveillance se tiendra le 22 octobre, la veille des résultats trimestriels. L'heure des clarifications ?

Partager cet article

Repost0

commentaires