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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 18:14

Les chiffres sont accablants. En juillet, les constructeurs français n’ont pas eu le vent en poupe. Les ventes de PSA-Peugeot Citroën et Renault ont en effet reculé de 9,3 % par rapport à l’an dernier. Chez les constructeurs étrangers, la baisse des ventes est moins nette avec – 1,2 % seulement. Certains groupes tirent même leur épingle du jeu comme Volkswagen (+ 7 %), Nissan (+ 26,4 %) et BMW (+ 13,5 %).

Pour François Roudier, le porte-parole du Comité des constructeurs français d’automobiles, « il existe une baisse en volume mais le marché est en hausse de 0,2 % sur les sept premiers mois de l’année. C’est tout de même un bon mois car nous pensions avoir de bien plus mauvais résultats ». Pour lui, le marché français revient à un niveau plus traditionnel, autour de 2 millions de véhicules vendus par an, alors qu’avec « l’effet prime à la casse », on enregistrait en 2010 environ 2,3 millions de véhicules vendus. Aujourd’hui, le phénomène s’essouffle et on assiste à un rééquilibrage du marché qui pénalise les constructeurs français.

La raison ? Les aides de l’Etat favorisaient les ventes de voitures d’entrée de gamme, vendues entre 5.000 et 6.000 €. Renault et PSA, spécialistes de ces modèles, tiraient alors leur épingle du jeu. Aujourd’hui, le système est inversé. Avec la fin de la prime, les clients achètent des modèles premium et délaissent les entrées de gammes. Sur les sept premiers mois de l’année, les véhicules de catégorie « économique et inférieure » sont redescendus à 53 % des commandes, contre 57 % un an avant. En revanche, les modèles de gamme « moyenne supérieure » se sont redressés à 12 % au lieu de 10 %.

La tendance va se poursuivre

« Nous assistons à un rééquilibrage du marché », assure Philippe Gattet, analyste automobile au cabinet Xerfi. « Tous les constructeurs qui favorisent les véhicules d’entrée de gammes sont touchés. Les Français en font bien sûr partie, mais on voit également de fortes chutes chez Fiat, Opel ou Toyota. » Aujourd’hui, les groupes qui proposent des véhicules plus luxueux enregistrent des augmentations en volume comme BMW ou Nissan. Quant aux constructeurs français, ils souffrent d’un problème de positionnement. Avec Dacia, le groupe Renault s’écroule en juillet avec 48,8 % de baisse des ventes. Pour contrecarrer l’hémorragie, la marque au losange a tout de même bradé ses prix : – 45 % pour la Clio notamment, et une Twingo moins cher qu’une Logan. L’une des solutions ? « Proposer une offre plus diversifiée », assure Philippe Garret. « Le groupe Wolkswagen s’en sort très bien car il vend des véhicules dans différentes gammes : du luxe avec Audi à l’entrée de gamme avec Seat. » Pour les constructeurs français, la tendance n’est pas prête de s’inverser. « Cela risque de se poursuivre ».

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