Vents contraires pour PSA Peugeot Citroën. Le groupe automobile a été condamné à indemniser un ex-ouvrier, souffrant actuellement d'un grave cancer bronco-pulmonaire. Cet homme de 75 ans qui a travaillé pendant plus de 40 ans chez Peugeot à Sochaux, dans le secteur fonderie, "vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête", a souligné son avocate Me Marie Fleury. Le pôle social du tribunal judiciaire de Belfort a jugé que sa maladie professionnelle était "due à la faute inexcusable de l'employeur" et condamné PSA à lui verser plus de 110.000 euros.

Une somme supérieure aux indemnisations prévues par le barème du fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante, s'est réjouie Me Fleury. "Le secteur fonderie a exposé ses ouvriers à divers agents pathogènes: amiante mais aussi azote, poussière de fer, fumée de soudure", a-t-elle pointé. PSA dispose d'un mois pour faire appel mais n'a pas encore fait part de sa décision, selon son avocate, Me Florence Monteret-Amar.

L'usine de Sochaux "est un site gigantesque, qui a eu à ses heures de gloire jusqu'à 40.000 salariés, et on a eu moins de dix condamnations depuis 20 ans, ce qui signifie que l'on a travaillé dans des conditions de grande sécurité", a dit l'avocate.

L'association des victimes de l'amiante et des maladies professionnelles en France-Comté s'est félicitée dans un communiqué de ce jugement, "qui sera un point d'appui pour les dossiers à venir".

 

Elle rappelle également être à la disposition des personnes qui veulent constituer un dossier pour la reconnaissance de leur préjudice d'anxiété pour exposition à l'amiante.