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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 06:37

 

Poissy. La Peugeot 208 et la DS3 sont produites actuellement à l’usine de Poissy. 
 
 
 
 

Pour rafler le marché, le directeur du site peut compter sur les collectivités, prêtes à financer une partie des investissements nécessaires. La décision devrait être prise dans les prochaines semaines.

La vallée de la Seine capitale de la voiture électrique ? Après le site Renault de Flins-sur-Seine qui produit la Zoé depuis 2012, l’usine Peugeot de Poissy pourrait elle aussi accueillir la production d’un véhicule électrique dans les prochains mois.

 
L’usine s’est en tout cas portée candidate auprès de sa direction pour remporter, en interne, ce marché très convoité qui garantit son implantation locale sur le long terme.
 
On ne sait rien de cette nouvelle voiture connue sous le code P2QO ou POY selon les sources. S’agira-t-il d’un prototype 100 % électrique ou d’une déclinaison d’un modèle déjà existant ? Un secret absolu entoure le projet.Selon des sites spécialisés, ce pourrait être l’Opel Mokka X (PSA a récemment racheté Opel). « Nous attendons la décision du siège », indique sobrement un porte-parole de l’usine de Poissy qui fabrique déjà la 208, la DS3 et bientôt le DS3 crossback.
L’usine a besoin de près de 100 millions d’euros d’investissement
 
Si cette attribution semble en bonne voie, c’est encore à Carlos Tavares, le grand patron de PSA, de trancher. Ce qu’il devrait faire dans les prochaines semaines. Et pour le convaincre, rien n’est trop beau. Pas même les promesses d’engagement financier des collectivités locales.

Pour pouvoir accueillir ce véhicule, l’usine a besoin d’un investissement de presque 100 M€. En novembre dernier, le directeur du site de Poissy, Frédéric Przybylski, se tourne naturellement vers le maire Karl Olive (LR) qui promet de l’aider. « Je sais ce que la ville doit à Peugeot et nous devons les épauler », indique ce dernier.

Un rendez-vous est ainsi organisé avec Valérie Pécresse, la présidente (LR) de la région Ile-de-France. Mais l’entretien, mené avec deux collaborateurs de la présidente, se déroule mal. Karl Olive décroche alors son téléphone et en parle à Pierre Bédier, le président (LR) du conseil départemental. Malin, l’élu de Mantes-la-Jolie saisit l’occasion pour doubler sa rivale sur le terrain économique. Dans un courrier du 19 décembre, il s’engage ainsi à verser 10 M€ pour aménager la nouvelle plate-forme de production à l’usine, « afin de garantir la pérennité d’au moins 2 000 emplois sur Poissy jusqu’en 2025 ».

Valérie Pécresse réagit à son tour. Et dans un courrier expédié ce mardi à Carlos Tavarès, elle se dit prête « à mobiliser des financements » sur ce projet —dans son entourage, on parle de « plusieurs millions d’euros ». Avec pour condition, le maintien de l’activité et de l’emploi sur le site, qui compte près de 3000 salariés, « dans les cinq années à venir ». Au siège de PSA, on se frotte les mains de cette guéguerre : « Toutes les subventions publiques sont les bienvenues », sourit un porte-parole.

LA RÉGION INVESTIT POUR «LES VÉHICULES DE DEMAIN»

Récemment, Valérie Pécresse a profité de la cérémonie des vœux de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, qui abrite deux géants français de la filière, l’usine Renault à Flins-sur-Seine et PSA à Poissy, pour affirmer le soutien de la région au secteur automobile. « Il faut faire le maximum pour inventer les véhicules de demain. La région pourrait participer à hauteur de 100 M€ », a-t-elle déclaré à cette occasion.

Une première enveloppe de 5,5 M€ a été votée en fin d’année dernière pour réaliser des aménagements sur des autoroutes et créer une zone test le long de la A 13, pour favoriser le développement des véhicules autonomes. Les constructeurs comme Peugeot-Citroën et Renault pourraient utiliser cet axe pour tester, dans les conditions du réel, leurs prototypes.

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