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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 05:50

 

A la fin du mois, Peugeot lance sur le marché tunisien un Pick-up dont l’origine est assez rocambolesque et qui permet à la marque de faire la preuve à ce pays (et aussi aux marchés alentours) qu’elle est à l’écoute de leurs besoins.

L’attachement des pays du Maghreb aux marques automobiles françaises est un actif que le groupe PSA avait largement négligé ces dernières années. Résultat, les ventes du groupe dans ces pays (présentées dans une rubrique "Reste du monde", ce qui signait le désintérêt) sont devenues marginales faute de produits adaptés. 
Avec l’arrivée de Carlos Tavares, ces pays ont été regroupés dans une région Moyen-Orient Afrique, dirigée actuellement par Jean-Christophe Quémard et les objectifs qui lui ont été assignés dans le plan Push to Pass sont ambitieux : 400 000 véhicules en 2018 et 700 000 en 2021. Avec le redémarrage des opérations en Iran (207 900 voitures sont intégrées dans les chiffres du premier semestre 2017), l’étape 2018 est déjà virtuellement réalisée. "Nous ferons plus de 500 000 voitures sur la région dont 350 000 en Iran cette année", nous a dit Jean-Christophe Quémard.  Au premier semestre, les 279 000 voitures vendues (Peugeot, Citroën et DS) sur la région représentent 17,6% des ventes de PSA sur la période et c’est 4,4% si l’on enlève l’Iran. 
La réalisation des ambitions sur cette zone où les marchés se sont récemment fermés passe par de multiples initiatives dont celle qui se concrétise en Tunisie. Cette semaine, Peugeot organisait des essais du Pick-up (qui n'aura pas d'autre nom que cette appelation générique) qui sera lancé à la fin du mois sur le marché tunisien, et successivement au Maroc en octobre et dans la foulée en Afrique.
Après les 403 camionnette-bâchées (1956), 404 camionnette-bâchées (1967) et le 505 Pick-up (fabriqué jusqu’en 2005), Peugeot avait abandonné un segment qui représente 10% des ventes au Maghreb et en Afrique subsaharienne.

Une fabrication locale de 1 200 unités
La marque revient avec un véhicule qui a été développé sur une base Nissan (d’une génération d’avant le Navara) dans le cadre d’un accord avec Dongfeng (actionnaire de PSA, qui est aussi partenaire des coentreprises de Nissan, Renault et PSA). Une version de ce véhicule est toujours fabriquée par Dongfeng pour sa marque dans son usine de Zhengzhou et cette version Peugeot sera également fabriquée en Chine dans cette même usine. Le Pick-up Peugeot a fait l’objet de 2 ans de développement notamment pour la liaison au sol, expliquent les dirigeants de PSA. "C’est un produit PSA qui est le fruit de plusieurs partenariats", résume pudiquement Jean-Christophe Quémard.
Il sera assemblé en Tunisie par la Stafim (importateur Peugeot depuis 87 ans) dans un site à proximité du port de Tunis à partir de la mi 2018 sur des CKD en provenance de Chine. "Nous voulons un maximum de localisation avec à terme un objectif d’intégration locale d’au moins 40%", nous a dit Jean-Philippe Imparato, directeur général de Peugeot. La capacité initiale de production sera de 1 200 unités, avec un objectif de 4 000 unités avec une vocation d’exportation "au cas par cas" dans les pays de la région. Ces volumes seront hors quota pour Peugeot dont l'autorisation en Tunisie se situe autour de 5 000 unités (sans compter quelques ventes spéciales).

Un véhicule rustique en phase avec son marché
Le véhicule, même s’il a fait l’objet d’amélioration avec climatisation manuelle, lève-vitres électriques, radio avec lecteur CD et prise USB sur tous les niveaux, n’est pas aux standards européens. "Nous revenons à la racine du pick-up robuste, avec une base éprouvée qui répond au cahier des charges et nous serons compétitifs en face des concurrents", assure Jean-Christophe Quémard. Le principal modèle sur le marché étant l’Isuzu D Max, vendu à 4 000 unités par an, qui existe en simple et double cabine, 4x4 et 4x2. Le Pick-up Peugeot sera lui disponible uniquement en double cabine, en version 4x4 et 4x2, et ses prix seront annoncés à la fin du mois.
La cabine et la benne (de 1,40 m de long sur 1,39 m de large) sont rapportées sur un châssis échelle doté d’un pont arrière rigide, de ressorts à 4 lames, la charge utile du véhicule est de 815 kg. Il est équipé d'un moteur longitudinal 2.5 Turbo Diesel à rampe commune, développe 115 ch et 280 Nm, associé à une boîte de vitesse manuelle à 5 rapports fabriqué par Dongfeng. 
Pourquoi ce modèle ? "C’est une affaire d’opportunité", résume le directeur de la région.

Un passé glorieux
"Il n’y a pas de petits pays, il n’y a pas de clients de deuxième zone", martèle Jean-Philippe Imparato ravi de ce développement qui permet un retour durable dans la région. "Cela fait 25 ans que j’attends ce moment", a-t-il dit. Il annonce que cette opération tunisienne en précède d’autres sur le même mode agile pour "réimplanter très rapidement la marque sur des pays où on n’était pas ou que nous avons quitté", a-t-il dit. 
Un challenge qui est dans les cordes de la marque qui peut encore s’appuyer sur un passé glorieux : "Nous avons une légitimité invraisemblable, il faut que l’on gagne nos galons",nous a dit Jean-Christophe Quémard. La réputation, l’implantation et la capillarité de l’importateur et de son réseau qui est l’un des plus denses du pays avec 34 points de vente seront des atouts précieux.

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Published by Le SPI/GSEA de Sevelnord - dans informations générales
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