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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 05:42

 

PSA gagne 1 400 € par véhicule vendu alors que Renault n'empoche que 1 000 €. Mais le groupe au losange se rattrape sur les volumes grâce à Dacia.

Chaque fois que PSA vend une voiture, il fait un bénéfice de 40 % supérieur à celui de Renault. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ce week-end par « le Figaro », qui a calculé la marge opérationnelle des constructeurs par véhicule vendu. Cette meilleure rentabilité de PSA peut surprendre même si, en moyenne, PSA vend ses voitures plus cher que Renault : 16 137 € contre 15 580 €. A partir de là, le groupe au losange gagne 1 043 € à chaque vente alors que PSA, qui regroupe les marques Peugeot, Citroën et DS, empoche 1 405 €.

 

Autre surprise de cette étude, la marge de PSA est supérieure à celle d'Audi (8,7 %), alors que le constructeur allemand facture ses produits quatre fois plus cher (voire notre infographie ci-contre). Ces chiffres signifient-ils que la firme de Carlos Tavares est plus performante que sa rivale, dirigée par Carlos Ghosn ? Consultant et directeur de l'agence Auto Presse Club, Didier Laurent y voit d'abord le résultat de la stratégie de « pricing power » défendue par Carlos Tavares.

 

En clair, PSA privilégie la vente au meilleur prix en évitant remises et promos, qui dégradent l'image et la valeur du produit. Le pricing power, « c'est aussi, précise Didier Laurent, l'art de faire pression sur les fournisseurs dans la chaîne d'achat pour accroître ses marges en ne baissant pas le prix de vente final ». Autre explication : « La technique des options est plus répandue chez PSA, et les options rapportent gros. De même, la personnalisation des véhicules se développe, comme sur les C3, mais ne coûte rien à faire et rapporte beaucoup. »

Bénéfice net : avantage Renault

De son côté, Renault, avec une marge de 6,7 % par voiture, de deux points inférieure à celle de PSA, mise davantage sur les volumes. Pour la première fois, ses ventes (3,18 millions, + 13,3 %) ont supplanté celles de PSA (3,14, millions, + 5,8 %) en 2016.

 

S'il gagne très peu d'argent sur une Dacia, le groupe se rattrape sur le nombre. Avec 560 000 unités en 2016, la filiale low-cost représente aujourd'hui une vente sur cinq. « En plus, ajoute Didier Laurent, ces marques low-cost permettent d'amortir plus largement les investissements puisqu'elles utilisent souvent les moteurs et les châssis produits par Renault. Elles permettent aussi d'écouler les surplus de pièces. En rachetant Opel, Peugeot vise la même stratégie », conclut-il.

 

Finalement, Carlos Ghosn a engrangé plus de bénéfice net en 2016 que Carlos Tavares : 3,5 Mds€ contre 2,15, selon les données constructeurs. Et, au cours des trois dernières années, Renault a refondé sa gamme tout en rénovant son outil de production. Un investissement qui se chiffre en dizaines de milliards d'euros et qui devrait porter ses fruits. Pour preuve, le groupe veut faire passer son chiffre d'affaires de 51,2 à 70 Mds€ en 2022 avec un taux de marge supérieur dans cinq ans à celui de son rival hexagonal.

 

 

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Published by Le SPI/GSEA de Sevelnord - dans informations générales
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