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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 05:20

Renault et le Groupe PSA sont en train d’installer l’Internet sans fil dans leurs usines. « C’est compliqué. Ce sont des grandes surfaces, avec de grands volumes, il y a des cages de Faraday [un phénomène qui perturbe les ondes] partout. Et nous voulons obtenir un débit suffisant pour faire passer des vidéos », explique Eric Marchiol, responsable numérique de l’entité industrielle de Renault, qui a pour ambition de connecter les hommes et les machines des sites du constructeur cette année. A Cléon (Seine-Maritime), la marque au losange met sur pied un réseau wifi sur le tiers de la surface de l’usine, soit 50 hectares. Le chantier, qui se chiffre en millions d’euros rien que pour le matériel, doit être achevé d’ici à la fin de l’année.

A l’échelle du groupe, M. Marchiol a 6 000 robots et 300 presses estampillés Renault à connecter. « Les machines les plus récentes ont des cartes wifi. Mais nous devons connecter les autres à la main, nous installons des capteurs qui ont le wifi intégré », détaille l’ingénieur.

Chez PSA, on mesure également l’ampleur de la tâche. Le groupe veut aussi du wifi sur ses lignes de fabrication, à commencer par les ateliers de montage et de ferrage. « On vise un réseau évolutif, robuste et fiable, pour faire communiquer les machines entre elles, optimiser les flux logistiques et les déplacements du personnel », dit-on en interne. Chez Peugeot et Citroën, on a même détecté une autre difficulté : le mouvement. « Les caristes doivent continuer de recevoir des commandes pendant qu’ils se déplacent pour assurer une communication en temps réel », pointe-t-on.

Dernier détail pour rajouter à la difficulté globale du sujet : la cybersécurité. « Un réseau filaire est protégé physiquement par essence, un malveillant doit s’y brancher. Un réseau wifi, lui, est hors les murs, le signal peut être capté depuis le parking, une tablette peut être volée par un prestataire », énumère Laurent Hausermann, fondateur de Sentryo, un spécialiste du sujet. Nul doute que PSA et Renault, après l’attaque subie par le second au mois de mai (qui l’avait obligé à stopper un grand nombre d’usines), sont conscients de l’enjeu.

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