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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 14:19

Citroën s’attaque au mythique Volkswagen Multivan. Son SpaceTourer n’est plus un simple utilitaire à banquettes. Peut-être un peu moins chic que l’allemand, il est moins cher et plus confortable.

Citroën SpaceTourer et Volkswagen Multivan Le Citroën SpaceTourer s'attaque à la référence de son segment, le Volkswagen Multivan.

" De Woodstock à Wall Street ". C'était le slogan d'une publicité Volkswagen du début des années 2000, mettant en parallèle le Volkswagen Combi, monture préférée des hippies, et son descendant le Multivan. Aussi lucide que finement trouvé, il soulignait la vocation actuelle de l'engin. Bien moins abordable qu'à la fin des années 1960, le transporteur de troupes allemand sert aujourd'hui surtout à véhiculer les VIP de l'aéroport jusqu'au lieu de leur séminaire. Face à la défection des grands monospaces, il peut également devenir la monture de choix des familles nombreuses, pour qui un Sharan demeure trop exigu (lire notre comparatif Volkswagen Sharan contre Ford Galaxy).

Chez Citroën, la disparition du C8 laisse une place vacante au sein de la gamme. Alors, à l'exemple de Volkswagen, les Chevrons ont peaufiné leur utilitaire familial, au point d'en faire une voiture particulière. D'ailleurs, il ne s'appelle plus Jumpy comme le fourgon dont il dérive, mais SpaceTourer. Tout comme le Multivan se distingue du Transporter et, chez Mercedes-Benz, le Classe V prend de la distance avec le Vito.

Un Citroën SpaceTourer qui soigne sa mise

Sans doute moins implanté que ses concurrents allemands dans la catégorie, le français a voulu mettre les petits plats dans les grands. L'esthétique est soignée dans le détail, avec ce mufle imposant et ces jantes alliage diamantées en finition haut-de-gamme Shine. Si le long empattement et les porte-à-faux courts lui donnent de faux-airs de teckel, le SpaceTourer affiche des volumes imposants, à l'allure robuste. Et à l'intérieur, il fait des efforts avec une sellerie en cuir, des plastiques durs mais recouverts d'une peinture pour améliorer leur aspect et des inserts en faux aluminium brossé, qui font illusion. Il faut dire que cet engin, vendu 51.200 €, est la deuxième voiture la plus chère produite en France, juste derrière… La Bugatti Chiron ! (voir notre diaporama des voitures les plus chères fabriquées en France)

Plus classique, le Multivan présente aussi un aspect plus haut-de-gamme. Malgré ses efforts, le constructeur français n'est en effet pas encore parvenu à offrir la même netteté dans la tôlerie. Les jantes polies de notre finition Carat Edition renforcent la distinction de l'engin, tout comme les phares sculptés. Et à l'intérieur, le bond est encore plus flagrant : revêtements impeccables, placages laqués, ajustages au millimètre, sellerie en cuir ultra soignée… La différence entre le SpaceTourer et le Multivan est la même que celle qui sépare une Citroën C3 d'une Audi A1. Mais cet aspect flatteur a un prix : 69.585 € pour notre modèle d'essai. La différence de prix correspond justement à la valeur d'une C3 !

Ceux qui achètent avant tout ce type de véhicules pour l'espace intérieur qu'il procure n'auront sans doute que faire de ces considérations esthétiques. En la matière, nos deux protagonistes offrent un volume équivalent, ce qui apparaît logique, vu leurs gabarits proches : le Citroën Spacetourer en version M mesure 4,96 m, soit 10 cm de moins que son concurrent allemand. Ce dernier n'offre toutefois que sept places au maximum en finition haut-de-gamme Carat Edition, qui impose deux sièges individuels munis d'accoudoirs en deuxième rangée. Le SpaceTourer laisse quant à lui l'opportunité d'une banquette trois places, pour huit passagers au total.

La modularité est importante sur ce genre de véhicules. Le Citroën comme le Volkswagen adopte des rails qui parcourent toute la longueur du compartiment arrière. Il est ainsi possible de faire coulisser le mobilier sur toute la longueur, pour augmenter le volume du coffre. Les sièges du milieu sont pivotants sur le Multivan, qui offre de plus une table centrale dépliable, idéale pour les pique-niques. Le SpaceTourer réplique avec des banquettes 2/3 1/3, alors que celle de troisième rangée est monobloc chez Volkswagen. Aussi et surtout, le van allemand impose une poigne de fer pour faire bouger sièges et banquettes, alors que tout bouge en un tournemain sur le français. Au final, cette facilité des manipulations peut compenser le moindre nombre de configurations en usage quotidien… A condition de trouver son bonheur dans un catalogue d'options bien plus réduit ! Chez Volkswagen, il est en effet même possible de choisir l'emplacement d'une éventuelle poubelle…

Derrière le volant, aucun de ces deux modèles ne peut renier son appartenance utilitaire. La colonne de direction verticale et la position de conduite très haute ne trompent personne. Cependant, l'un et l'autre présentent une ergonomie soignée. Citroën a en effet eu la bonne idée de séparer les commandes de climatisation de l'écran, ce qui n'est pas le cas sur la C3, par exemple. Chez Volkswagen, les boutons sont répartis comme sur les autres modèles de la gamme, c'est-à-dire de manière logique et impeccable.

Un Volkswagen Multivan bien plus lourd

En ville, il faut s'adapter au gabarit de ces engins. Cela vient assez vite, grâce aux flancs verticaux et à la caméra de recul, qui permettent de bien appréhender les extrémités. Le rayon de braquage (11,9 m pour le Multivan et 12,4 m pour le SpaceTourer) se révèle finalement honorable pour de tels colosses. Reste que le Citroën présente un avantage indéniable : celui d'une hauteur contenue à 1,90 m, ce qui lui autorise l'accès à l'immense majorité des parkings souterrains. Avec son 1,97 m, le Volkswagen ne peut en dire autant.

Sur la route, ces deux modèles haut-de-gamme font preuve d'une belle santé, grâce à leurs quatre-cylindres Diesel puissants (180 ch chez Citroën, 204 ch chez Volkswagen). Reste que malgré cet écart, les performances sont assez proches. En cause : la différence de poids très importante. Le Multivan accuse en effet 2.413 kg sur la bascule, soit près de 700 kg de plus que son concurrent ! La consommation est logiquement à l'avantage du français, avec une moyenne relevée de 9,1 l/100 km sur parcours mixte, soit 1,0 l/100 km de moins que sur le Multivan. Cela s'explique par la conception du ce dernier, qui fait appel à un traditionnel châssis séparé, alors que le SpaceTourer repose sur une plateforme monocoque, la fameuse EMP2 partagée notamment avec le Peugeot 3008.

En ce qui concerne le comportement routier, le SpaceTourer tire donc les marrons du feu. Sa suspension classique offre un excellent confort, meilleur que celui distillé par la suspension pilotée du Multivan, de série sur la finition Carat Edition. L'allemand est en effet plus sensible aux petites trépidations, qui résonnent dans la partie arrière de la caisse. En termes de tenue de route toutefois, le Volkswagen ne démérite pas et se révèle aussi sécurisant que son concurrent. Difficile de parler de réel plaisir de conduite, tant il ne s'agit pas de la vocation de ces modèles. Mais l'agrément est là, avec des boîtes de vitesses automatiques réactives et douces. Si Volkswagen fait appel à sa fameuse DSG7 à double embrayage, Citroën lui préfère une transmission Aisin plus traditionnelle à six rapports.

A l'heure de faire les comptes, il semble donc que ces deux modèles ne jouent pas exactement dans la même cour. Tiré à quatre épingles, le Multivan devrait demeurer le choix privilégié des transports de VIP, qui ne trouveront pas le Spacetourer assez chic. La rallonge financière ne devrait pas leur poser de problèmes, tant la valeur résiduelle de ce modèle tient la durée. Par contre, les familles nombreuses seront sans doute plus inspirées de se tourner vers le Spacetourer, plus économique à l'achat comme à l'usage, et au comportement plus proche d'une berline. Une sorte de match nul, donc.

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Published by Le SPI/GSEA de Sevelnord - dans informations générales
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