Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 05:34


La Française de Mécanique (1 700 salariés) s’apprête à entamer la démolition d’un bâtiment emblématique. Son sort est scellé depuis 2015, avec le souhait de PSA de compacter son activité et d’adapter les surfaces aux volumes de production. Il laissera place au nouveau parking principal de l’usine de moteurs automobiles.

Le plus ancien bâtiment de l’usine va être démolie, comme annoncé depuis deux ans dans le schéma de reconfiguration foncière de l’usine PSA.

Le plus ancien bâtiment de l’usine va être démolie, comme annoncé depuis deux ans dans le schéma de reconfiguration foncière de l’usine PSA.Le plus ancien bâtiment de l’usine va être démolie, comme annoncé depuis deux ans dans le schéma de reconfiguration foncière de l’usine PSA.

Pour mieux affronter l’avenir, la FM doit faire table rase d’une partie de son passé. C’est en substance le discours de la filiale de PSA, prête à sacrifier 100 de ses 140 hectares de surface, démonstration de sa puissance d’hier qu’elle traîne aujourd’hui comme un boulet dans sa course à la compétitivité.

La cession d’une partie des terrains est déjà bien engagée. La reconfiguration du site, véritable révolution foncière qui concentrera l’activité dans deux des huit bâtiments, passe aussi par la démolition du « 1 », le plus ancien. Après l’inauguration de l’usine créée par Renault et PSA Peugeot-Citroën en 1969, on y a assemblé le moteur X puis usiné les pièces du mythique TU, qu’on a longtemps cru immortel, jusqu’en 2014. À l’âge d’or du bloc alu dans les années 90, 5 000 moteurs sortaient chaque jour des lignes douvrinoises. C’était plus de la moitié de la production quotidienne actuelle. Et même si les volumes sont voués à se relever enfin, PSA a exclu l’hypothèse de retrouver les niveaux d’antan, d’où un site taillé à la serpe.

« Nous sommes en phase de reconstruction »
Le bâtiment 1 et ses cinq hectares sont donc condamnés à disparaître. Le balisage a été posé. Les opérations de déconstruction physique s’opéreront jusqu’en fin d’année. Une partie des bureaux en façade – les « servitudes » – resteront debout.
«  Le comité d’entreprise sera transféré à cet endroit, soit à une position mieux adaptée pour les salariés qui passeront devant tous les jours, estime Frédéric Piskorski directeur du site. On souhaite que fin 2018, toutes les réimplantations soient effectives.  » Les services médicaux, bancaires… y trouveront aussi place. Les chalets syndicaux seront déplacés dans ce même périmètre. L’accueil sera également décalé avant l’été 2018. Mais la plus importante surface rendue disponible servira à tracer 800 places de stationnement. En bordure de la RN47, l’actuel parking principal, ainsi que l’étang, le CE ou encore le circuit de karting, fait en effet partie de la première vague de terrains vendus à l’Établissement public foncier dans l’espoir de leur reconversion avec l’aide du Syndicat mixte du parc Artois - Flandres (23 hectares).
Dans le viseur de cette rationalisation de l’espace à tous crins, des économies naturellement. En frais de fonctionnement (taxes, maintenance, énergie…) le bâtiment coûte 1,6 million d’euros par an, précise Frédéric Piskorski. «  On entre dans une nouvelle ère. Il faut considérer que nous sommes en phase de reconstruction, même si cela passe aujourd’hui par une déconstruction. Nous sommes en train de moderniser le site.  »

Quel avenir pour les autres bâtiments?
La FM, c’était jusqu’à l’an dernier 140 hectares de surface dont 38 construits. À long terme, la filiale de PSA dit qu’elle peut se contenter de 11 hectares de bâti sur une petite quarantaine au global. Le premier coup de ciseau remonte à 2014 avec la vente d’un terrain au groupe Atlantic qui y fabrique des pompes à chaleur depuis l’an dernier. En 2016, ce sont 23 hectares (parkings, étang, karting…) de la zone Ouest qui sont cédés à l’EPF. Le contrat stipule que la FM en garde la jouissance jusqu’à septembre 2018.

Ce n’est que le début du plan. PSA joue cartes sur table depuis plusieurs années en disant que deux bâtiments sur les huit actuels pourront permettre d’assurer l’activité. Le bâtiment 1 sera démoli pour laisser place aux nouveaux parkings. Dans la continuité, on trouvera toujours le 3 et le 5. Le premier vit au rythme (effréné) de la production du moteur essence EB depuis 2013. Le second accueille depuis l’été 2016 la fabrication du moteur EP et va lancer en juillet la production en série du DV-R, un diesel dernière génération.

De l’autre côté de la voie centrale, quatre bâtiments se dressent, tous en sursis. Un logisticien serait toujours sur les rangs pour le bâtiment 8, surdimensionné pour l’EP et désormais vide. La vente devrait être actée en décembre.

Dans le bâtiment 2, le dernier TU a été assemblé en 2014 mais son dérivé en fonte continue de l’être en petite quantité pour l’Amérique latine. Le 7 assure l’usinage des vilebrequins pour le TUF, celui des carters s’est arrêté la semaine dernière. En 2018, une petite centaine de TUF par jour sont prévus. Sa fin de vie est probable l’année suivante. Idem pour l’activité du D de Renault. C’est dans le bâtiment 6 qu’est produit le dernier bloc de la marque au losange, ancien coactionnaire de la FM. Le contrat liant FM et Renault a 2019 comme date butoir. Sera-t-il prolongé ? En attendant, une fois le D parti, aucun plan B n’est dans les tuyaux. À côté, le bâtiment 4 est désert depuis la fin du V6 en 2011. À l’horizon 2019, il n’y aura donc qu’à trouver une solution pour le réfectoire (4) et l’ensemble des surfaces de la zone « sud » sera disponible à la vente à l’EPF. C’est en tout cas le sillon tracé par PSA depuis deux ans.

Partager cet article

Repost 0
Published by Le SPI/GSEA de Sevelnord - dans informations générales
commenter cet article

commentaires