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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 05:41


Vingt et un anciens allocataires du RSA ont saisi la bouée de sauvetage tendue par le Département et l’usine Sevelnord d’Hordain, où ils sont en contrat d’insertion ou de professionnalisation. C’est un début. Dans la même veine, cinquante recrutements suivront en septembre.
 

En contrat de professionnalisation jusqu’en avril 2018 sur le site PSA d’Hordain, Hubert, 30 ans, voit le bout du tunnel. PHOTO LA VOIX.
En contrat de professionnalisation jusqu’en avril 2018 sur le site PSA d’Hordain, Hubert, 30 ans, voit le bout du tunnel. PHOTO LA VOIX.En contrat de professionnalisation jusqu’en avril 2018 sur le site PSA d’Hordain, Hubert, 30 ans, voit le bout du tunnel. 

Au RSA (revenu de solidarité active) depuis des mois, ils vivaient avec à peine plus de 450 € par mois. En contrat initiative emploi (CIE) ou de professionnalisation depuis cette année chez Sevelnord, Jonathan, Antoine, Marc ou Hubert ont repris goût à se lever le matin pour aller travailler. Mille deux cents euros mensuels, le salaire minimum, ce n’est pas ni le Pérou ni la garantie d’une embauche future en contrat à durée indéterminée, mais ce retour à l’emploi, à la vie, tombe pour eux comme une bénédiction.

«  On participe de la remise en forme sociale de certaines personnes  », observe Patrice Le Guyader, directeur du pôle industriel Nord du groupe PSA, soulignant sa «  responsabilité sociale  ». Le constructeur a aussi des exigences : il lui faut des gens «  capables de se lever le matin  » et d’entrer dans un cadre défini. Ce que la plateforme de l’emploi implantée à Valenciennes, l’une des huit créées dans le Nord par le Département, s’est évertuée à lui « fournir ». À charge ensuite pour l’organisme de formation retenu, la SOFIP en l’espèce, d’intégrer à ses modules les attentes de l’entreprise.

Ne pas voir d’«  angélisme  » dans la démarche de PSA. De l’aveu même de Patrice Le Guyader, «  c’est un accord gagnant-gagnant même si on aurait pu se contenter d’aller voir des boîtes d’intérim plutôt que d’aller chercher une population plus éloignée de l’emploi  ».

« On souhaite accélérer le mouvement. La dynamique des plateformes de l’emploi nous rend assez optimistes. »
Sa première réaction après le coup de massue fiscal asséné par la droite à son arrivée aux manettes du Département avait été «  l’irritation  ». Et s’il a finalement accepté de jouer le jeu, c’est parce que Jean-René Lecerf lui a expliqué dans quel cadre s’inscrivait cette augmentation. En marge de sa visite de l’usine, jeudi à Hordain, le président du Département a réitéré son engagement de desserrer l’étreinte dès 2018.

Dès lors que le conseil départemental sera parvenu à remettre sur le marché de l’emploi suffisamment d’allocataires du RSA, et alléger son propre fardeau de l’ordre de 100 M€, «  la surfacturation n’aura plus lieu d’être  ». Les efforts déployés depuis l’automne ont déjà permis de remettre 4 500 personnes dans le circuit (1). «  Quatre mille cinq cents, c’est peu et beaucoup à la fois  », admet le président alors que le coût du RSA pour le Département atteindra un pic cette année (300 M€). «  On souhaite accélérer le mouvement. La dynamique des plates-formes de l’emploi nous rend assez optimistes. Si j’ai 5 000 retours à l’emploi en 2017, je ne serai pas content, je souhaiterais en avoir beaucoup plus. Après, il y a des aléas, comme le retour de la croissance, qu’on ne maîtrise pas.  »
1. Le nombre de foyers allocataires, qui était de 116 000 à l’arrivée du nouvel exécutif départemental, était tombé à 110 101 en mars.

« Ça me sort de la misère »
«  Tombé dans le RSA  » il y a trois ans, Hubert, 30 ans, n’a pas eu d’autre choix que de retourner vivre chez ses parents. «  Quand on touche 450 €, une fois que toutes les factures sont payées, on suce des cailloux à la fin du mois.  »

Son regard en dit long des tourments endurés et des efforts consentis pour s’en tirer. Il venait d’achever en juin de l’année dernière une formation d’électricien d’équipement quand il a été contacté, à l’automne, par la plateforme départementale de l’emploi. Chez Sevelnord depuis avril, le Solesmois revit : «  Ça me sort de la misère  »

«  Dans le Cambrésis, le bassin d’emploi est très restreint  », confirme Marc, 29 ans, équipier de production industrielle affecté au montage. Le contrat de professionnalisation qu’il a signé avec PSA lui débouche un horizon jusqu’alors fermé par son peu d’expérience sur le marché du travail. «  Rester chez soi avec 470 € par mois, ce n’est pas une vie.  »


Croisé plus tôt au ferrage, où il participe, en sa qualité de monteur électricien au compactage de l’usine hordinoise, Jonathan, 25 ans, ne supportait plus d’affronter le regard de ses enfants. «  C’était dur de ne pas pouvoir acheter à ma fille la même chose que ses copines.  » Chez PSA où il est entré en janvier, en même temps qu’Antoine, 26 ans, il s’est «  remis en question  » après avoir tant galéré : «  Se lever tôt le matin, on avait un peu oublié ce que c’était. On est épuisé à la fin de la journée. Mais ce n’est pas pour rien.  »

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Published by Le SPI/GSEA de Sevelnord - dans informations générales
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