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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 10:37

C’est via France Info que des documents internes ont « fuité ». Un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire doit se tenir ce lundi 17 pour discuter de plus de 2000 suppressions de postes.

Selon France Info, 2 133 postes pourraient donc être supprimés dans les usines françaises en 2017. Pas de licenciement sec mais des départs volontaires non remplacés pour la moitié du plan. L’autre moitié est composée de « congés seniors » (pré-retraite). Pourtant, il semblait que le groupe PSA allait mieux. La direction, toujours selon ces documents, se justifie par la prudence envers l’avenir sur fond de brexit et de « chasse au diesel ».

C’est une comparaison crue par rapport au résultat net de 2015 (1,2 milliard d’euros) mais aussi par rapport à l’annonce récente de Renault qui compte (re)embaucher 1000 CDI dans les usines française. On devrait en savoir plus, cet après-midi, sur la répartition de ces suppressions de postes, les usines concernées, les secteurs, etc. Du côté des syndicats, la riposte est prête.

Le Groupe PSA n’a pas tardé à réagir. Selon Le Figaro, pour PSA, il n’y a pas de suppression de poste qui soit au programme du CCE de ce jour. « Nous faisons un démenti complet sur cette fausse information. Il y a bien un CCE cet après-midi, comme il y en a quatre ou cinq par an. Nous allons faire un bilan emploi. Mais il n’y a pas d’histoire de 2000 suppressions d’emplois » déclare un porte-parole du groupe.

Le Comité d'entreprise extraordinaire au siège de PSA Peugeot Citroën, ce lundi après-midi, risque d'être agité. Même si le groupe automobile voit ses résultats financiers reprendre des couleurs avec un bénéfice net au premier semestre 2016 de 1,21 milliard d'euros, le constructeur pourrait à nouveau tailler dans ses effectifs l'an prochain.

Selon France Info, le constructeur pourrait supprimer 2 133 postes dans ses usines via un plan de départs volontaires non-remplacés, des pré-retraites et des congés longue durée. Le groupe ne prévoit pas de licenciements secs. Dans le détail, 1 025 départs volontaires ne seront pas remplacés, auxquels il faut ajouter 983 congés seniors (des pré-retraites pour les ouvriers les plus âgés), ainsi que 125 congés longue durée.

Dans «l'Express», la direction de PSA «dément tout plan de suppression de postes.» Pour autant, le groupe confirme qu'il sera question d'un bilan de l'emploi dans le groupe avec des nouvelles plutôt favorables d'ailleurs.»

Reste qu'au bord du dépôt de bilan il y a quatre ans, le groupe PSA a déjà supprimé 17 000 postes pour se remettre en selle. Mais aujourd'hui, le groupe doit faire face à plusieurs difficultés. Pendant sa période de crise, les marques de PSA ont pris du retard sur le lancement de nouveaux produits. Le groupe, qui a longtemps été le premier constructeur automobile français, est en train de se faire rattraper par Renault (dont Dacia) au classement des immatriculations dans l'Hexagone. Sur les neuf premiers mois de l'année, PSA a immatriculé près de 520 000 voitures particulières neuves en France, une progression de seulement 2,6 % dans un marché en croissance moyenne de 6,3 %. Parallèlement, Renault en a immatriculé presque 485 000, mais sa progression sur neuf mois est de 9,2 %, et il a doublé son rival sur les ventes de septembre.

Au Mondial de l'automobile, Carlos Tavares s'est voulu rassurant en annonçant vouloir privilégier la rentabilité des voitures vendues plutôt que de se lancer dans une course au volume. Par ailleurs, le PDG de PSA a annoncé l'arrivée de 26 nouveaux modèles dans les six prochaines années dont un véhicule autonome en 2021. Cependant, cette rentabilité passe aussi par l'organisation des usines pour baisser les coûts de production. Le groupe envisagerait de faire passer son usine de Sochaux (Doubs) de deux à une seule ligne de production.

Le diesel et le Brexit risquent de peser sur le constructeur

En attendant, le groupe risque d'être fortement pénalisé par l'érosion des ventes de voitures diesel. Aujourd'hui, chez PSA près de 17 000 personnes travaillent directement ou indirectement pour le diesel. Si les ventes de voitures au gazole sont déjà orientées à la baisse, Ségolène Royal, la ministre de l'environnement veut encore accélérer ce mouvement en alignant le TVA du diesel et de l'essence pour les entreprises. Et cela contre l'avis des professionnels et des députés qui avaient demandé un délai de cinq ans, le temps pour les constructeurs de restructurer leurs activités.  

 Autre difficulté à venir : le Brexit. Si le constructeur détient 8,5% du marché britannique, le groupe ne dispose plus de ligne de production dans le Royaume-Uni. A terme, PSA être obligé d'augmenter ses tarifs si des barrières douanières étaient mises en place.

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